lundi 21 janvier 2019

KHABSA.... un film qui tient ses promesses


Un film libanais dites-vous? Pire encore! Une comédie libanaise?? non non merci je passe! 
Eh ben non... pour une fois les amis ne passez pas... arrêtez-vous et regarder cette comédie libanaise.

Pour la majeure partie des Libanais, Shady Hanna, le réalisateur de Khabsa, sera toujours intimement lié au programme satirique de notre jeunesse SLCHI. Et c'est vrai.... Dans un temps d'occupation syrienne, de reconstruction et de difficultés sur difficultés, Shady Hanna a su s'imposer dans tous les foyers libanais, toutes communautés comprises, toutes confessions comprises, toutes classes comprises et toutes espèces comprises, (je dis ca parce que lorsque je prononce le nom Shady Hanna mon chien remue la queue allez savoir....) 

Bref, le nom de ce réalisateur est lié à nos fous rires de jeunesse et nos espoirs incarnés en sourires puis... trahis... par nous-mêmes, nos pairs et nos élus.

Aujourd'hui, Shady Hanna nous revient avec une comédie incroyable. Oui.... incroyable car elle tient toutes ses promesses, elle ne nous vend pas des châteaux en Espagne ni nous fait miroiter des avenirs scintillants mais inaccessibles. Ce n'est point un film prétentieux. Au contraire il est bien écrit, léger, concentré, il ne se disperse pas. La narration est ficelée, les quiproquos bien construits et les thématiques soulevées réalistes, issus de notre quotidien. C'est un film efficace tout bonnement. 

Une comédie qui réunit tous les ingrédients du rire. Un film commercial de qualité, destiné à tout le monde, qui respecte les lois de la comédie, qui nous offre une excellente direction d'acteurs, des dialogues de haut vol, libanais, ancrés dans le réalité, contemporains et représentant une grande partie des libanais. 

Les personnages sont étudiés. Clairs. Egaux à eux-mêmes. Ils ne sont ni "clichéesques", ni symboliques ni naïvement représentatifs. Pour la première fois, ils sont juste des personnages de comédie.

Oui, un auteur et un réalisateur doivent faire des choix. Leur personnage ne peut pas être tout le monde. Il doit avoir ses caractéristiques, une tranche populaire, économique, intellectuelle auxquelles appartenir.  

Ce n'est pas combien lisse est le personnage qui rend l'identification possible. C'est le traitement de la dramaturgie et de la narration et qu'on le veuille ou non, Khabsa encore une fois, tient ses promesses. 

Sans forcer le ton, les messages et la moralité sociale ou autre de l'histoire, le film soulève quand même des questions actuelles mais surtout des rires contagieux. Ce rire nous fait considérer le sérieux des situations entre lesquelles surfent les personnages, des problèmes générationnels, sexuels, sociaux, intellectuels et économiques. 


Tous les films ont le droit d'exister. Néanmoins nous ne sommes pas obligés de tous les aimer, les encenser ou les apprécier. Ce film là est une vraie bouffée d'air frais rehaussé par la performance hilarante de Junaid Zeineldine, la simplicité de Roula Beksmati incarnant parfaitement la "girl next door", la révélation de Abboudy Mallah, mais où étais-tu caché Abboudy? Il faut jouer maintenant!
Aussi, l'intervention de Matteo el Khodr est d'un pittoresque incroyable! Ce rôle était pour lui, c'est sûr! Quant aux autres acteurs, ils ont aussi su imposer leur présence et leur jeu malgré le rôle secondaire et mine de rien, leur talent fait de ce film un film réussi. Chaque personnage est une pierre angulaire dans la construction narrative.  Je cite Tony Benn, Rita El Khoury et Tanya Nasr.

Quant à la musique par exemple, le réalisateur a fait appel à un artiste local ce qui est tout à son honneur. Des talents nous en avons, le problème c'est qu'on ne leur donne pas assez de chances! Mike Massy en collaboration avec Nami Moukhaiber pour les paroles signe la bande son de sa voix pop et romantique. Finalement, l'image est mise en les mains expertes de Johnny Abi Farès, Un chef opérateur de talent au cv long comme un bras et à l'expérience riche. Je sais de quoi je parle, lorsque j'étais encore étudiante, j'ai eu la chance de travailler avec lui sur plusieurs projets et au delà de son talent, il est un chef opérateur généreux qui forme et éduque.

Allez voir Khabsa, C'est rare qu'on ait des comédies libanaises interéssantes et franches. Je n'en dis pas plus pour ne pas spoiler les rebondissements mais quand le générique de fin s'est déroulé, on s'est regardé avec mon mari et on a très bien su de quoi on avait envie en rentrant à la maison... du thé bien sûr! Quels esprits mal tournés franchement :-)










mercredi 9 janvier 2019

TERMES DU DIVORCE ET ARRANGEMENTS


Elle s'appelle Norma et elle est la cause du divorce. Elle n'est pas la première à vouloir torpiller le parfait amour du couple. Avant elle il y eut Alexa et plein d'autres vilaines. 
En ce début de 2019, l'amour passion va mal. Les deux parties ne s'écoutent plus, elles délirent, elle se déchainent, elles balbutient, elles hallucinent. 
Pour la première fois aussi, une femme arrive à semer la zizanie entre deux masculins.... Mais qu'est ce qu'elle est forte cette Norma. Si fatale! Une vraie bombe! A faire "Pâlir tous les marquis de Sade" comme disait l'autre. (Michel Sardou)
En ce début de 2019, la séparation est annoncée, le mariage est menacé, les comptes sont à régler. 
Lequel des partenaires va-t-il trinquer? Lequel va-t-il payer une pension alimentaire et lequel aura-t-il le droit de garde?

Oui... c'est la tempête dans le couple. Mais le tribunal jugera-t-il l'un ou l'autre coupable?
Entre l'Etat et le peuple plus rien ne va.
L'amour est mort et ne reste que le ressentiment d'une passion sacrifiée sur le bûcher de la corruption. Ses cendres ne sont pas encore froides que le deuil est fini.

Qu'a du donc ressentir Agamemnon lorsqu'il escorta sa fille Iphigénie vers le bûcher? De la Haine? Certes pas, Agamemnon aimait sa fille. Du courage? Non plus. Il devait être mort de peur.
La seule raison qui l'eut poussé à la folie de ce geste est la démesure. Oui, sa foi aveugle en les Dieux et sa soif de venger son frère étaient plus grandes que l'amour qu'il avait pour sa fille.

Nous avons deux versions pour cette tragédie. L'une qui confirme que la Déesse Athena prit pitié de la pauvre Iphigénie et la remplaça à la dernière minute par une biche. L'autre confirme le contraire, le sacrifice de la pauvre Iphigénie. Cette mort gratuite et violente au nom des guerres, du gain et de la vengeance finira par se retourner contre Agamemnon. Sa femme ne lui pardonnera jamais le sacrifice de leur enfant et le tuera. 

Que se passera-t-il dans le feuilleton tragique de l'histoire d'amour entre le peuple libanais et son état?

Qui paiera pour les pots cassés?

Le peuple grogne. Le peuple en appelle à la justice. Il en veut à l'état de ne pas s'être occupé de lui; de l'avoir négligé au détriment de diverses maitresses et amants: La corruption, le chômage, la négligence, le mensonge et la trahison.
l'Etat ne peut pas grogner puisque le peuple ne peut l'avoir outragé de la même manière. Néanmoins, il peut utiliser comme ligne de défense l'apathie de son peuple. Oui, l'Etat peut invoquer la frigidité des ébats, il peut en avoir assez de la fatigue apparente sur les traits de son peuple. Ce n'est pas séduisant. Ce n'est pas beau. Il pourrait bien prétexter ce désir dormant pour aller voir ailleurs.

Les voeux du mariage sont si beaux quand ils sont dits pour la première fois devant la loi et devant Dieu. Je promets de t'aimer et de te chérir dans le bon et le mauvais jusqu'à ce que la mort nous sépare. Mais entre le mariage et la mort, tellement d'obstacles se dressent!

le 22 novembre 1943, date du mariage de l'Etat Libanais avec son peuple est une date que nous célébrons encore avec de moins en moins de conviction. On la célèbre parce que c'est écrit sur le papier. Parce que ca nous donne l'illusion que tout cela tient encore. On rafistole les coeurs brisés. On se dit, allez, célébrons le passé, la nostalgie et l'anniversaire d'un jour qui fut heureux, plein de promesses et qui peine à tenir ses promesses et sa joie.

La famille de ce couple est complètement désarticulée. Les enfants cohabitent mais ne s'entendent pas. Ils s'allient puis se désavouent selon les intérêts des uns et des autres. Une famille désunie dont certains membres souffrent de déficits mentaux ou de problèmes psychiques. Dont certains membres sont beaucoup plus riches que d'autres et d'autres beaucoup plus défavorisés que certains. C'est à en créer des tensions au sein de la famille! Tant d'injustice alors que tous sont les enfants de mêmes parents.

Le mystère de la réussite d'un couple ou de ses échecs tient à si peu de choses. Mais que peuvent une centaine de dirigeants devant leurs trois millions et demi d'enfants? Ils vont leur tirer dessus et les tuer tous?

Lorsque les enfants s'unissent pour faire face aux parents abusifs, ils ne peuvent que gagner. Il faut tuer le père selon la psychanalyse. Tuer le père pour devenir un homme. C'est figuratif et symbolique mais c'est initiatique. Nos pères ont tué le leur en obtenant la protection du mandat français. Ils ont donc tué le père Ottoman. Puis leurs enfants ont tué leur père Français pour obtenir leur indépendance.

Aujourd'hui il ne nous faut pas attendre une femme fatale au noms multiples qui ravage notre pays pour décider de s'unir. Depuis le dernier patricide symbolique, nous avons eu une guerre civile de 15 ans, une occupation de l'armée syrienne de 15 ans. Puis une révolution populaire qui a mené au départ des troupes syriennes mais qui n'a pas réussi à créer un état de droit égalitaire et moderne. Se sont succédés des gouvernements de marionettes et des républiques bananières qui nous ont mené à notre réalité aujourd'hui: Un taux de chômage de plus de 51%. Des compagnies qui déposent le bilan par milliers. Une situation écologique et sanitaire dramatique. Des enfants et des citoyens qui meurent devant les portes des hôpitaux et une classe politique pleine aux as qui regarde tomber la neige par la fenêtre de leurs chalets cossus dans les montagnes libanaises où la chute des neiges ressemble à un film américain de Noel mais à quelques kilomètres de là, ca prend plutôt la forme d'une catastrophe humanitaire que ce soit au dépends des libanais ou des réfugiés syriens.

Des réfugiés qu'on peine à renvoyer chez eux en zones sécuritaires. Des réfugiés dont on ne veut pas mais dont on ne peut se détourner.

Des libanais qui voient en trois jours leur infrastructure nationale tomber en lambeaux et qui se demandent où sont passés les millions débloqués pour moderniser cette infrastructure? Des libanais qui aussi, n'ayant rien appris d'autre que la corruption, construisent leur habitations n'importe où et n'importe comment, ignorant toutes normes de sécurité, empilant illégalement pierre sur pierre de la manière la plus économique et la loin sécuritaire possible mais qui se demandent pourquoi leurs maisons sont inondées? Ou des libanais qui jettent leurs ordures par les fenêtres de leurs voitures et qui s'indignent quand cette même ordure bouche les tuyaux d'évacuation de l'eau.... ou les représentants de l'ordre qui ne collent pas aux citoyens des contraventions pour non respect de la propreté de la voie publique...

Des libanais qui chaque 4 ans votent pour les mêmes députés, qui voteront pour les mêmes ministres, ça si jamais ils arrivent à former un gouvernement.

Oui... les enfants sont souvent la victime des problèmes parentaux mais les enfants grandissent. Ils deviennent adultes et responsables et ont la légitimité de se détacher de la crise amoureuse de leur parents et de revendiquer une autre vie pour eux. Ils auront le choix de reprendre le schéma parental par association ou de créer un tout nouveau schéma, une nouvelle dynamique, afin de ne jamais vivre ce que leurs parents on vécu et ce que leur parents leur ont infligé.

Trois millions et demi de libanais... une centaine de dirigeants... Mais je rêve bien sûr, je fantasme. Chaque groupement vit son propre syndrome de Stockholm. Chaque groupe est viscéralement attaché à son bourreau puisque c'est la seule manière, croit-il, de survivre.

Quelle tristesse..... Le peuple alors se réfugie dans son sens noir de l'humour. Et si ne reste à un peuple qu'une immense propension à la dérision et l'auto dérision c'est que l'heure est grave. Elle est grave.
Et les seuls qui trinquent sont les enfants. Les enfants que nous sommes et les enfants que nous allons avoir. On le sait, l'éducation commence à la maison, dans la famille, au foyer mais notre famille est au bord du suicide marital, du divorce violent, ou de l'arrangement hypocrite, le pire du pire. Alors on blague.... et dans quelques années, nos enfants hériteront d'un pays encore plus malade, encore plus nécrosé et nous ne pourrons rien mais rien leur dire du tout. Nous devrions baisser la tête honteux et les voir partir comme la majeure partie de nous sont partis.

Les seuls valeureux de toute cette histoire sont ceux dont on parle le moins... l'armée libanaise, les bénévoles de la Croix Rouge libanaise et les membres de la défense civile libanaise.

Le soleil vient de se lever sur le Liban.  Norma est passée. Elle a semé la zizanie dans le couple Etat/peuple. Qu'allons nous faire maintenant? Prendre le taureau par les cornes une fois pour toutes ou comme d'habitude nous shooter une dose d'amnésie et d'hypocrisie?


A suivre...



















samedi 29 décembre 2018

LES VIEUX



"Les vieux ne parlent plus, ou alors seulement parfois du bout des yeux..." chantait Jacques Brel. 
Les vieux... un mot qui sonne le glas de la fin, de la détresse ou de la solitude. Dans le meilleur des cas, celui d'une douce vieillesse que tout le monde accepte mais que personne ne peut réellement comprendre. Il faut être vieux pour comprendre les vieux.... ou il faut être Maguy Aoun. 
Maguy Aoun, vous la connaissez certainement. Journaliste et présentatrice Télé, elle a éclairé le petit écran depuis de nombreuses années. Fine diplomate, elle a toujours su choisir la voie de l'humanisme dans ses émissions et non de la provocation gratuite au nom de l'audimat ou autre entourloupe marketing. Pourtant de l'audimat elle e fait.... elle a aussi fait décroché un doctorat, travaillé comme productrice et s'est présentée sur une liste libre aux dernières élections parlementaires libanaises.
Bien entendu, les êtres libres et éthiques perdent en leur majeure partie les élections libanaises doc ce fut sans surprise vraiment.

Mais connaissez-vous Maguy Aoun l'infatigable humanitaire? Je sais que lorsqu'elle lira ces lignes elle sera déjà impatiente car ce n'est pas d'elle qu'elle aime qu'on parle mais de ses vieux, précisément.

Maguy Aoun a enfin réussi après des années de travail, d'efforts et de visite hebdomadaire à domicile, à repérer les vieilles personnes isolées et en précarité,  de créer la maison du don,  Bayt el Ataa', à travers son association Kelna la baed.




Grâce au soutien de plusieurs bénévoles ainsi que de la générosité de la municipalité de Sin El Fil, Les vieilles personnes seules et sans famille ont une maison où venir quatre fois par semaine. Trois repas les attendent ainsi qu'un vestiaire, une machine à laver, un service de repassage, des douches et des bénévoles qui s'occuperont de leur hygiène.
Une aire de repas et de divertissement est à leur service avec des jeux de cartes, de la musique, une télévision.
Un car passe les prendre tous les jours de chez eux, qu'ils aient un chez eux ou pas,  jusqu'à la maison et les ramène à la fin de la journée.

Pour toutes les occasions, Maguy et son équipe organisent des évènements et essaient de faire plaisir à "leurs vieux". 


Cette année, ils ont réussi à réaliser tous les voeux de Noël des vieilles personnes et ca les remplit de joie.

Cette année également, ils ont reçu une aide précieuse de la part d'une figure publique de la télévision libanaise, le présentateur et réalisateur Tarek Souaid. Grâce à lui, beaucoup de gens connaissent l'existence de ce lieu, il s aussi aidé à réunir une somme qui couvrira la préparation de plusieurs repas pour le mois à venir.

J'ai eu l'immense chance de participer à un des évènements de Noël, organisé le 27 Décembre 2018, où des jeunes ont choisi de passer la journée avec des vieux, de les faire danser, de discuter, faire des jeux et déjeuner avec eux.

J'y suis allée avec un ami, YA, qui vit dans une grande solitude et que mon mari et moi on a eu la chance de faire sa connaissance en été et de passer du temps avec lui.
Cet homme n'est pas encore vieux. Il est d'âge mûr, toujours actif, travailleur et très sage.
Ce jour là, je sais qu'il a su que non seulement il y a pas loin de chez lui une maison où il peut se faire des amis, bénéficier de repas et de vêtements, mais aussi de pouvoir participer à l'action collective car il m'a dit: "Il s'agit de recevoir et de donner. Je viendrais. Pas seulement pour recevoir mais pour aider aussi. Que j'ai besoin de quelque chose ou pas, je viendrais."

Et cette phrase qu'il a dite, reflète exactement l'esprit de Maguy Aoun et de son équipe. 

A l'entrée, une photo de mon oncle Père Georges Kerbaj trône avec un petit mot en sa mémoire. effectivement, il avait accompagné Maguy dans son projet jusqu'à sa mort et Maguy ne l'a jamais oublié. Comment ne pas t'aimer et te soutenir Maguy?

Vous avez envie d'aider? Vous pouvez déposer tous les vêtements et chaussures notamment pour hommes dont vous n'avez plus besoin à Bayt el Ataa'. Vous pouvez aussi entrer en contact avec Maguy et so équipe et proposer votre temps, votre savoir-faire ou tout simplement faire un don. 

Merci pour cette journée pleine d'amour. Nos vieux en valent la peine. Occupons nous d'eux. 


  

















lundi 3 décembre 2018

HUMANS OF THE WORLD


Les humains du monde méritent un regard. Eh bien plus. 

Nous sommes devenus accros aux réseaux sociaux. Est-ce bien? Est-ce mal? Qui peut vraiment en juger?
Les réseaux sociaux au 21ème siècle c'est comme la télévision dans les années 50-60. Une nouveauté encensée ou diabolisée qui va peu à peu intégrer les moeurs et la vie quotidienne. Ca dépend de nous d'en faire un outil utile, d'information ou d'éducation ou un outil toxique d'addiction. 

Quelque part à New York en 2010, un photographe et journaliste, Brandon Stanton décide d'entamer un projet dans lequel réunir quelques 10 000 histoires et photos d'habitants de New York rencontrés dans la rue, juste comme ça.


Puis, de fil en aiguille, le blog et le compte Instagram se développent et deviennent un échappatoire pour des millions de personnes. De tous âges, sexes, nationalités, les gens le suivent, commentent, partagent, sont touchés par certaines histoires ou amusés par d'autres. Puis une chaîne de solidarité s'installe. 

Les gens commencent à s'entre aider puis un compte est créé et des fonds réunis pour aider les personnes les plus dans le besoin urgent. Le tout dans la dignité et dans la modestie la plus totale. La discrétion la plus honorable et l'humanisme le plus noble. 

Quel plaisir que de lire ces histoires humaines individuelles. De découvrir ces moments partagés dans lesquels on peut reconnaître une expérience similaire à la nôtre, ou totalement inédite et tout ça fait réfléchir.... où on peut juste être sensibilisé à un regard, une personne, une situation, un sentiment. 

Et quelle émotion de voir comment des gens peuvent encore aider d'autres gens à travers le globe parce qu'il y a des moments où on ne peut juste pas rester indifférents.  

Brandon Stanton a visité une dizaine de pays, partageant les histoires de dizaines de personnes, nourrissant sa chaîne de solidarité. Grâce à lui, des enfants sont allés à l'école et des mères célibataires ont pu sécuriser nourriture et décence pour leurs enfants. Des personnes ont trouvé du travail ou se sont vus sauvés par l'obtention de soins médicaux urgents. 

Si les histoires de certains réveillent la nécessité d'aider, d'autres sont eux-même une main tendue pour les lecteurs par leur fraîcheur ou leur philosophie, parfois par leur humour, surtout les histoires racontées par les enfants. Les enfants du monde sont incroyables! Avant qu'on les pollue, ils sont une source intarissable d'espoir et de joie.

Passez visiter son compte Insta ou son site et bon voyage! 




jeudi 15 novembre 2018

LUI, LOUIS, LUISANT DE LUMIERE


Lui... Il s'appelle Louis. Et il est mon oncle. Mon parrain. Ma colonne vertébrale et ma pierre angulaire. On ne choisit pas sa famille certes mais la famille souvent nous choisit.

Oui, il est vrai que je fais partie des chanceux. Ceux dont la famille est unie, solidaire, affectueuse et aimante. Ceux qui grandissent dans une éducation stricte. Une que tous les adolescents rejettent et pourtant, une fois l'adolescence passée, l'amour reste.

Chacun de nous grandit à sa manière. Nous développons une nouvelle indépendance, nous nourrissons nos personnalités individuelles, loin du schéma collectif ou national. Nous cherchons à nous définir en tant qu'individu dans la société mais aussi au le sein de la famille.
Nous nous formons en tant qu'adultes avec tout ce que ça comporte de crises, de conflits, de rapprochements, de pleurs, de rires, d'expériences, de doutes, de positif et de négatif.

Les jours passent. Le temps change. Un jour la vie est pleine de soleil et un jour on se noie dans des tempêtes diluviennes. Il y a certaines personnes qui résistent et subsistent dans les deux cas. Tempête ou soleil, ils se tiennent droits, fiers, généreux et remplis de joie. Mon oncle Louis est de ces personnes là... Droit, fort, passionnel, éthique et rigoureux.


J'ai eu la chance de passer beaucoup plus de temps avec lui dernièrement et de le redécouvrir. Son humour, son affection, son dévouement qui dépasse le seul cadre de sa petite famille et qui s'étend à la grande famille. Aux amis. aux valeurs.

On peut tout avoir dans cette vie mais on n'a rien si l'on ne possède pas des valeurs et des idéaux auxquels aspirer, à travers lesquels travailler et créer n'importe quel projet auquel on croit.
Et c'est difficile. Rien n'est plus difficile que de respecter les valeurs que l'on veut pour nous-mêmes. Elles peuvent plaire aux autre ou leur déplaire. elles peuvent mettre des batons dans les roues, ralentir ou améliorer un destin. Qu'importe, avec le temps, il ne reste que nous, face à nous-mêmes.

Lui s'appelle Louis. Il est mon oncle et mon parrain. Il est surtout un homme complexe, intense, entier et de lui on en apprend tout les jours. Ce n'est pas son anniversaire et il n'y a pas une occasion particulière qui justifie ou pas cet article. Il y a juste une femme reconnaissante, une petite fille qui vient de loin rappeler a cette femme que la vie malgré tout peut être très très belle et qu'elle a beaucoup de chance d'avoir la famille qu'elle a.












samedi 10 novembre 2018

SOME ENCHANTED LOVE


Ah! mais non je ne vais pas vous donner des détails croustillants sur une soirée amoureuse ou quelque chose du genre. Plutôt, un ressenti plein d'amour sur une soirée de récital proposée par le Baryton Fady Jeanbart et la soprane Lara Jokhadar. La soirée enchantée eut lieu le 30 octobre 2018 a l'AUB assembly Hall.

Dans le beau décor de l'assembly hall et devant le majestueux orgue deux talents de la scène libanaise maitrisent l'espace et donnent de la voix devant un parterre de spectateurs charmés.





Tout le monde sait que Fady Jeanbart est mon grand ami. Parler de ui et de son talent peut paraitre faussé et subjectif. Pourtant, en toute conscience je le fais puisque je suis convaincue de tout le talent qu'il possède. Fady aime la scène et la scène le lui rend bien. Il y a quelque chose d'organique entre lui et cette scène, lui et ses spectateurs. Fady chante parce que c'est ce qu'il sait faire. Ce qui le passionne. Il s'en fout des apparats et des étalages de l'égo. Lorsque le public l'encense ca lui fait plaisir,. il plane sur un petit nuage pendant des jours et travaille très fort pour ne ps le décevoir au prochain récital. Si le public est critique, alors il travaille deux fois plus dur pour s'améliorer à chaque fois.

Fady chante comme il vit: avec intensité, avec discipline, avec travail acharné et passion inébranlable. Il chante comme il enseigne. Avec son coeur et ses connaissances. 

Quant à Lara, je l'ai découverte ce soir là et la force de sa présence m'a estomaquée. Elle est belle, légère, interactive. Elle épouse les rôles et chante à merveille même si je préfère ses envolées lyriques à ses gammes plus basses, reste qu'elle chante telle une marée, elle ne finit pas, elle part et elle revient.

Le point fort de ce récital mis à part les talents individuels des chanteurs est leur complicité. En effet, ensemble, ils aspirent le spectateur et investissent l'espace/voix/temps. On dirait qu'ils sont nés pour chanter ensemble. 

Lorsque le récital fut terminé sous les applaudissements du public, je ne suis sentie très frustrée quand même.... Un récital c'est bien. Il en faut. Mais quand donc, allons nous pouvoir assister à de vrais opéras complets?

Nous avons les talents, nous avons l'ambition, nous avons le projet et le rêve. Il nous manque une vraie salle. Tiens pourquoi l'Etat ne tranche-t-il pas une fois pour toute pour reconvertir le Grand Théâtre en ce qu'il a été avant la guerre?
La seule réelle salle de spectacle, de concert et d'opéra du Liban. Quelle beau rêve qu'un Opéra de Beyrouth en plein Beyrouth dans un lieu iconique et historique!!!!!
Nous manque aussi le mécénat pour pouvoir produire ces opéras non pas parce que machin est copain de machine et sort avec la fille de truc ou doit quelque chose au papa de bidule. Non, juste parce que le Liban le vaut bien. Ses chanteurs d'opéra aussi!




























dimanche 28 octobre 2018

O BELLA CIAO DEL CASA DE PAPEL




Je n'ai pas vu un braquage. Ni des histoires d'amour. J'y avais vu une histoire de société. Un intention de traiter un sujet délicat qui est la crise économique mondiale par un un moyen fort.
Effectivement si les gouvernements nous volent et nous font subir une mondialisation et un libéralisme suffocants, on va voler les gouvernements, néanmoins, sans voler le peuple. Comment? Eh bien, en prenant en otage la banque centrale et.... créant de nouveaux billets non numérotés, intraçables et ne menaçant en rien l'équilibre monétaire national puisque les billets existants ne seront pas volés. Voilà la vraie histoire de la Casa De Papel, la nouvelle série culte espagnole faisant le buzz mondial et soulevant des reportages et des commentaires plus plats les uns que les autres.

La Casa De Papel est l'histoire d'une lutte moderne contre l'impérialisme de l'argent. El Professor et sa brigade est le Che Guevara de l'Espagne contemporaine tentant de réussir un coup d'état unique. Différent que celui des années Che bien sûr mais bel et bien révolutionnaire... selon la configuration socio-politique du moment. 
Il va créer et former une milice dont la plupart des membres sont des oubliés ou des victimes du système social, éducatif et économique. 

Tout le reste, histoires d'amour, braquage et techniques narratives ne sont là que pour faire de ce fantasme de lutte moderne, une bonne série. Une série intense, bien menée, attachante car émotive. Pour moi, l'émotion découlait du fait révolutionnaire, une forme de gauche sociale nouvelle qui comme toutes les révolutions aura ses hauts et ses bas et qui finit comme dans un rêve fantasmé de tout révolutionnaire.  

Les protagonistes sont confinés dans un huis-clos mental et physique où se succèdent tous les états; de l'euphorie à l'espoir, au désespoir, à l'abattement, aux idéaux, aux doutes etc.

Sans vouloir spoiler les moments forts de la série, mais l'utilisation de Bella Ciao l'hymne des partisans italiens qui fut créé et entonné pour combattre le fascisme, est une pierre fondatrice de cette série. Le moment où on entend la chanson pour la première est un moment charnière de la croisade d'El professor contre l'injustice.

La Casa De Papel nous rappelle que souvent au dessus de nos tête nous abrite des maisons en papier, quel que soit le symbole de ce papier: monétaire ou social, psychique ou éducatif.

Toute révolution a commencé par un génie issue d'une tranche sociale éduquée qui embrigade un peuple acculé. Et La Casa De papel ne déroge pas à ce schéma. El professeur est la tête pensante de la révolution. Il a son lieutenant, dont le profil lui ressemble mais dont le parcours est plus tortueux et qui le rend plus acide, plus désabusé; puis il y a le peuple qui suit, embrasé par des rêves de richesse, d'égalité, de liberté et tous affrontent ce qui représente l'oppression donc la police et plus encore l'Etat.

Il n'y a pas de méchants ou de gentils. Il y a des plus méchants et plus gentils et des moins méchants et des moins gentils. Il y a une panoplie de réactions humaines variant du pire au meilleur et ressentis par tous les protagonistes, du côté des révolutionnaires soient-ils ou de la loi. 


J'ai vu cette série quand elle est sortie et avant le succès planétaire qu'elle a récoltée. Mais lorsqu'elle devint mondialement connue, je suis tombée sur plein de reportages retraçant la montée vers les sommets comme par exemple un reportage sur TF1 ou autre chaînes du même genre et ça m'a un peu choquée. Est-ce moi qui avait mal analysé les fondements de la série ou est-ce le monde médiatique qui s'est juste accroché à sa surface?

La Casa de Papel n'est pas juste une histoire de braquage et d'amour loin de là et ca me fait bizarre même si ca ne me surprend pas qu'elle soit devenue une attraction touristique. Tout comme le Che est devenu une effigie sur des cendriers ou des briquets, le costume des militants de La Casa De Papel sont devenus des déguisements pour les soirées. Il y a même une attraction touristique où les visiteurs peuvent revivre le moment de la prise d'otages. 

Quant à Bella Ciao, elle devint un hit des boîtes de nuit, détournée par des artistes qui, je ne sais s'ils ont jamais compris ou lu les paroles ou appris l'Histoire autour de ce chant. Avec toute la bonne volonté du monde, je n'ai jamais pu danser sur ce son là. Mon mari excédé me dit: "C'est comme ça, la jeunesse s'approprie les choses et les fait siennes.: Mais ca ne me convainc pas. Si aujourd'hui on danse sur Bella Ciao dans les soirées mondaines et alcoolisées où s'habiller est plus important qu'être, demain, que feraient-on? Mais il a peut-être raison, c'est moi qui suis trop sérieuse et désabusée de l'échec de toutes ces révolutions. 

Mais ainsi va le monde apparemment. Nous rêvons, nous nourrissons projets et idéologies, soit on meurt, soit on se rend, soit on se refuge dans un déni fantasmagorique mais jamais on ne gagne vraiment, totalement. C'est comme ça. 

La révolution forme mais le système fleurit. Pour faire sa révolution on doit apprendre le système, détourner le système, contourner le système, commencer dans sa maison, sa famille, ses amis, son immeuble, sa rue puis son quartier et parfois on peut aller plus loin. 

Je ne vous dévoilerais pas la fin des deux parties de la Casa De Papel mais ne pensez pas qu'elle soit simpliste. Au contraire elle est très ingénieuse.







https://www.youtube.com/watch?v=4CI3lhyNKfo