Je n'ai pas vu un braquage. Ni des histoires d'amour. J'y avais vu une histoire de société. Un intention de traiter un sujet délicat qui est la crise économique mondiale par un un moyen fort.
Effectivement si les gouvernements nous volent et nous font subir une mondialisation et un libéralisme suffocants, on va voler les gouvernements, néanmoins, sans voler le peuple. Comment? Eh bien, en prenant en otage la banque centrale et.... créant de nouveaux billets non numérotés, intraçables et ne menaçant en rien l'équilibre monétaire national puisque les billets existants ne seront pas volés. Voilà la vraie histoire de la Casa De Papel, la nouvelle série culte espagnole faisant le buzz mondial et soulevant des reportages et des commentaires plus plats les uns que les autres.
La Casa De Papel est l'histoire d'une lutte moderne contre l'impérialisme de l'argent. El Professor et sa brigade est le Che Guevara de l'Espagne contemporaine tentant de réussir un coup d'état unique. Différent que celui des années Che bien sûr mais bel et bien révolutionnaire... selon la configuration socio-politique du moment.
Il va créer et former une milice dont la plupart des membres sont des oubliés ou des victimes du système social, éducatif et économique.
Tout le reste, histoires d'amour, braquage et techniques narratives ne sont là que pour faire de ce fantasme de lutte moderne, une bonne série. Une série intense, bien menée, attachante car émotive. Pour moi, l'émotion découlait du fait révolutionnaire, une forme de gauche sociale nouvelle qui comme toutes les révolutions aura ses hauts et ses bas et qui finit comme dans un rêve fantasmé de tout révolutionnaire.
Les protagonistes sont confinés dans un huis-clos mental et physique où se succèdent tous les états; de l'euphorie à l'espoir, au désespoir, à l'abattement, aux idéaux, aux doutes etc.
Sans vouloir spoiler les moments forts de la série, mais l'utilisation de Bella Ciao l'hymne des partisans italiens qui fut créé et entonné pour combattre le fascisme, est une pierre fondatrice de cette série. Le moment où on entend la chanson pour la première est un moment charnière de la croisade d'El professor contre l'injustice.
La Casa De Papel nous rappelle que souvent au dessus de nos tête nous abrite des maisons en papier, quel que soit le symbole de ce papier: monétaire ou social, psychique ou éducatif.
Toute révolution a commencé par un génie issue d'une tranche sociale éduquée qui embrigade un peuple acculé. Et La Casa De papel ne déroge pas à ce schéma. El professeur est la tête pensante de la révolution. Il a son lieutenant, dont le profil lui ressemble mais dont le parcours est plus tortueux et qui le rend plus acide, plus désabusé; puis il y a le peuple qui suit, embrasé par des rêves de richesse, d'égalité, de liberté et tous affrontent ce qui représente l'oppression donc la police et plus encore l'Etat.
Il n'y a pas de méchants ou de gentils. Il y a des plus méchants et plus gentils et des moins méchants et des moins gentils. Il y a une panoplie de réactions humaines variant du pire au meilleur et ressentis par tous les protagonistes, du côté des révolutionnaires soient-ils ou de la loi.
Il n'y a pas de méchants ou de gentils. Il y a des plus méchants et plus gentils et des moins méchants et des moins gentils. Il y a une panoplie de réactions humaines variant du pire au meilleur et ressentis par tous les protagonistes, du côté des révolutionnaires soient-ils ou de la loi.
J'ai vu cette série quand elle est sortie et avant le succès planétaire qu'elle a récoltée. Mais lorsqu'elle devint mondialement connue, je suis tombée sur plein de reportages retraçant la montée vers les sommets comme par exemple un reportage sur TF1 ou autre chaînes du même genre et ça m'a un peu choquée. Est-ce moi qui avait mal analysé les fondements de la série ou est-ce le monde médiatique qui s'est juste accroché à sa surface?
La Casa de Papel n'est pas juste une histoire de braquage et d'amour loin de là et ca me fait bizarre même si ca ne me surprend pas qu'elle soit devenue une attraction touristique. Tout comme le Che est devenu une effigie sur des cendriers ou des briquets, le costume des militants de La Casa De Papel sont devenus des déguisements pour les soirées. Il y a même une attraction touristique où les visiteurs peuvent revivre le moment de la prise d'otages.
Quant à Bella Ciao, elle devint un hit des boîtes de nuit, détournée par des artistes qui, je ne sais s'ils ont jamais compris ou lu les paroles ou appris l'Histoire autour de ce chant. Avec toute la bonne volonté du monde, je n'ai jamais pu danser sur ce son là. Mon mari excédé me dit: "C'est comme ça, la jeunesse s'approprie les choses et les fait siennes.: Mais ca ne me convainc pas. Si aujourd'hui on danse sur Bella Ciao dans les soirées mondaines et alcoolisées où s'habiller est plus important qu'être, demain, que feraient-on? Mais il a peut-être raison, c'est moi qui suis trop sérieuse et désabusée de l'échec de toutes ces révolutions.
Mais ainsi va le monde apparemment. Nous rêvons, nous nourrissons projets et idéologies, soit on meurt, soit on se rend, soit on se refuge dans un déni fantasmagorique mais jamais on ne gagne vraiment, totalement. C'est comme ça.
La révolution forme mais le système fleurit. Pour faire sa révolution on doit apprendre le système, détourner le système, contourner le système, commencer dans sa maison, sa famille, ses amis, son immeuble, sa rue puis son quartier et parfois on peut aller plus loin.
Je ne vous dévoilerais pas la fin des deux parties de la Casa De Papel mais ne pensez pas qu'elle soit simpliste. Au contraire elle est très ingénieuse.
https://www.youtube.com/watch?v=4CI3lhyNKfo





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