Allons allons, tout ce chamboulement pour une page blanche! Oui oui ça arrive le syndrome de la page blanche! Les auteur(e)s, les scénaristes, les journalistes, les attaché(e) de presse, les directeurs de campagne en souffrent tous et j'en passe. Moi-même je reste des fois des heures insatisfaite, frustrée devant ma page blanche que je reblanchis après quelques lignes dignes de la poubelle. Du moins à mes yeux.... Et puis je recommence... afin que le mot s'aligne, que la pensée s'éclaircisse et que le verbe s'affirme...
Mais que s'est-il donc passé avec Annahar? Saperlipopette! La direction a du tellement en souffrir de la page blanche que ca a déteint sur tout le journal!
Mais qui est donc le ou les rigolos qui leur ont assuré que ce sera un coup de maitre politique et littéraire?
Il est évident que pour la direction de Annahar, représentée par Nayla Tuéni, c'est une affaire délicate. Pour beaucoup de libanais, ce coup de pub vient d'une ancienne députée qui pendant neuf ans ne s'est presque quasiment jamais manifestée au séances parlementaires. La rue murmure: "c'est ridiculement inconscient de critiquer un état en place quel qu'il soit et de faire ce qu'elle a fait et surtout de s'en vanter devant les médias. D'accord ce gouvernement actuel ne tient en rien les centaines de promesses qu'il a faite mais Madame Tuéni elle-même a-t-elle tenu les promesses qu'elle avait faites au peuple libanais lorsqu'il a cru en elle en 2009?
Lorsqu'il a vu en elle, ah candide peuple libanais, la digne héritière de son père?"
Mais le peuple libanais murmure également tout l'inverse" Quel courage a-t-elle eu! Au point où on en est, le silence est la seule réponse possible à tout ce qui nous arrive."
Annahar n'est pas journal à ne pas avoir quelque chose à dire et ce n'est pas avec un pauvre coup médiatique et marketing qu'il se sortira de la situation ou il s'est embourbé depuis plusieurs années.
Annahar est un pilier du journalisme libanais, un supposé piédestal pour les voix libres et les tribunes incendiaires qui n'ont peur de rien.
Si Annahar se retrouve avec une page blanche c'est que vraiment, oui, le pays va au plus mal. Il ne peut aller plus mal que ça.
Ce coup d'éclat plus blanc que blanc est aussi chimique que les produits de lessive qui se targuent de blanchir le plus noir de la noirceur. Et c'est triste. Car personne n'aime la page blanche.
Peut-être les étudiants encore rebelles qui se positionnent en réactionnaires face à leurs professeurs et au lieu de rendre une copie, rendent une provocation.
Mais nous, auteurs, écrivains, journalistes, directeurs de campagne, attachés de presse et autre n'aimons pas, pour la majeure partie d'entre nous, la page blanche.
La page blanche est une panne angoissante. Elle nous met en face à un potentiel échec de nous-même. Est-ce le sentiment que la direction de Annahar a eu? Qu'ils sont en échec et qu'ils entraînent les vestiges du Annahar avec elle?
Ont-ils pensé que cette provocation d'écolier va faire réagir les autorités autrement que par des ricanements?
Nous ne sommes pas à l'école, ni à l'université ni dans un sit-in quelconque. Nous sommes dans un pays au bord de la ruine. Au bord de la faillite. Au bord du désespoir. Au bord du suicide, au bord de l'asphyxie, au bord de la terreur, au bord de la noyade. Nous sommes un pays qui mérite encore autre chose que la page blanche car quitte à mourir nous aimerions mourir dignement avec un dernier mot. Un dernière prière, une dernière revendication.
Allons allons, peut-être faudra-t-il maintenant rendre les rênes à qui saura mener ce carrosse de main ferme et délicate.
Ca marche tout autant pour la direction de Annahar ou celle du pays ou celle des institutions.
Notre plume est notre arme et nous les armes à blanc, ce n'est pas notre tasse de lait. Relève toi Annahar... et écris....
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