vendredi 19 octobre 2018

QU'EN EST-IL D'ANQUETIL?


Anquetil est tout seul. Il a toujours été un grand solitaire. Moi je ne connaissais pas Anquetil avant hier et même aujourd'hui il m'importe peu puisque la course cycliste, le vélo et le tour de France je n'y connais rien.... Néanmoins, Sur les planches du Théâtre Monnot, il ne s'agissait plus de course cycliste ou d'Anquetil le champion, il s'agissait avant tout d'une pièce de théâtre magistralement mise en scène  par Roland Guenoun, remettant sur le devant de la scène les sombres méandres de l'âme humaine, surtout lorsqu'elle est toute dénudée sous les projecteurs de la célébrité.

Grâce à Josyane Boulos et ses 62 events, vous aurez peut-être la chance d'assister à un beau moment de théâtre. Matila Malliarakis, qui tient le rôle de Jacques Anquetil, tient également ses spectateurs en haleine durant plus d'une heure en restant sur son vélo quasiment tout le temps. 
Les personnages de la vie d'Anquetil joués par deux acteurs qui changent de rôles en un tour de main et de voix, Clémentine Lebocey et Stephan Olivie-Bisson, virevoltent autour d'Anquetil dans un jeu de panneaux et de lumières minimalistes mais intenses, une mise en scène interactive et intelligente.

Pour nous spectateurs libanais, Anquetil est peut-être une personnalité inconnue ou juste une personnalité du passé du milieu du 20eme siècle mais le propos n'est pas qu'autour d'Anquetil en tant qu'Anquetil mais aussi autour d'un champion, de la vie d'un champion, d'un homme champion duquel on s'attendait à être un superhéros, sans faiblesses, sans fautes, un homme qui a assumé toutes les fautes précisément sans tomber dans l'hypocrisie malgré le fait que tout champion qu'il était, le public ne l'aimait pas. 
Alors comment être ce qu'on est, ce qu'on doit devenir? comment être un champion?
Tant que questions traitées dans cette pièce. Il est clair que l'auteur de la pièce, Paul Fournel, avait une vraie fascination pour Anquetil l'homme et le champion. Ca ne veut pas dire que ne pas connaitre Anquetil est une raison de passer à côté de cette belle course du théâtre. Une vraie course aux sentiments humains et surhumains. 
Une course contre la montre de la mort, celle du théâtre, ou de la Francophonie dans un pays qui peine à attirer son public, le théâtre semble aujourd'hui un vestige du passé libanais. 
Du coup, il reste encore quelques jours pour profiter de ce beau moment. Francophones libanais, c'est au théâtre Monnot! 







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